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Offshore leaks: bravo l’ICIJ, mais…

Avant toute chose, on se doit de saluer cette énorme investigation. Depuis quelques années, il faut admettre que les journalistes font un travail remarquable pour mettre la profession à nu et dans une industrie qui est elle également en pleine mutation, ils tiennent là un excellent moyen d’aller de l’avant. Une fois qu’on s’organisera de cette manière pour les crimes contre l’humanité ou les secrets d’état, je sens que des têtes vont tomber.

Les publications ont été fortement relayées, certes, mais j’imagine tout de même pas avec l’impact escompté. Et pourquoi cela, me demanderez-vous? Eh bien il se trouve que c’est légal. Alors effectivement ça et là on peut trouver quelque lien avec un dictateur ou un baron de la pègre ce qui est regrettable, mais ces business permettent à des républiques bananières pays entiers de booster toute leur économie, ce n’est donc pas ça qui va les arrêter.

Les états qui se sont improvisés paradis fiscaux sont bien conscients que le silence et la discrétion sont d’or, ils savent que ce genre d’activité est extrêmement lucrative et ont donc profité de l’aubaine pour ajouter une corde à leur arc.

Ces montages permettent de faire des “optimisations fiscales” (pour les novices, ça veut dire s’acheter des structures bidon pour ne pas payer d’impôts, tout ça dans la légalité) ou d’obtenir la sacro-sainte confidentialité, si chère à beaucoup de gens.

Il faut savoir que le riche, le vrai, aime la discrétion contrairement à ce que l’on pense. Et dans beaucoup de cas je leur donne raison, car si je vivais par exemple dans un pays où les fonctionnaires sont corrompus jusqu’à l’os, je n’aimerais pas qu’il soit de notoriété publique que je pèse des millions…

Certains points méritent toutefois d’être éclaircis:
– Ces services sont effectivement proposés par les banques, qui cherchent là où elles peuvent des moyens de gagner beaucoup d’argent avec peu d’effort en tant qu’intermédiaire (3-4’000 $ par an pour une société panaméenne, ça fait cher pour 4 feuilles, 3 signatures et 1DHL) après, le client déclare ce qu’il veut où il veut, ça n’est pas les affaires de l’établissement qui, en Suisse du moins, sait TOUJOURS à qui appartient l’argent déposé sur le compte.

Tout cela n’est rien de nouveau pour les employés de banque ou les avocats (qui auraient pu leur éviter de s’abîmer les yeux sur ces millions de documents), mais ce n’est pas tout le monde. Il est donc positif que l’ICIJ ait vulgarisé les pratiques afin que tout un chacun puisse se faire sa propre opinion et prendre à son niveau les mesures qui s’imposent, malgré ce que peuvent en dire beaucoup de mes confrères (en un seul mot).

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